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Compte rendu de voyage : Bulgarie
Date : du 02/08 au 21/08/2007
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Sous certaines photos, se trouvent le sigle
. Il suffit
de cliquer dessus pour visionner un film de l'animal concerné.
Décider de partir en Bulgarie fut, comme d’habitude, une décision familiale basée sur de longues discussions ! Objectif : combiner visites culturelles, soleil, farniente et … bien sûr nature !
Cette destination nous semblait indiscutablement correspondre à tous les critères.
Nous sommes partis en avion (Brussels Airlines, vol direct), avons loué une voiture via une agence locale (voir le site : www.bgrentals.com ), de même qu’une villa au bord de la mer Noire dont nous avons été ravis ! Pour Sofia et Plovdiv, nous avons réservé nos hôtels directement par Internet. Notre séjour dans les Rhodopes a été organisé par l’association bulgare de protection des oiseaux, Neophron (www.neophron.com ).
Pour se renseigner au préalable, les références suivantes sont à recommander :
Where to watch birds in Bulgaria, Jankov P, 1996. Pensoft. Bulgaria (malheureusement aujourd’hui introuvable ! mais peut-être aurez-vous plus de chance que nous...)
Finding Birds in Bulgaria, Gosney D., 1993 (même s’il date un peu, tous les sites et cartes sont toujours parfaitement d’application – un référence indispensable)
Where to watch birds in Europe & Russia, Wheatley N., Helm, 2000 (pp 120-133).
De manière générale, la vie sur place est très bon marché. Les gens sont charmants. D’un point de vue transports, le réseau autoroutier est très limité et, outre les grands axes, les routes sont souvent en mauvais état. Les gens roulent comme des fous ! Ne jamais relâcher son attention !!! Le code de la route n’est qu’un document théorique…
2.1. De Bruxelles à Balchik (02 au 04/08/2007)
Départ en fin d’après-midi le 02 août. Arrivée en fin de soirée à Sofia. Il fait beau et chaud (plus de 30°). Nous logeons dans un appartement, près du centre. Première impression de contraste : le logement est flambant neuf, dans un nouvel immeuble mais dans un quartier dont la plupart des bâtiments sont complètement délabrés ! A l’image de tout un pays, en croissance si rapide, que le modernisme est toujours en opposition avec une histoire encore récente… Cela nous rappelle la Roumanie.
Dans la matinée du 03, nous visitons Sofia, avant de partir vers Plovdiv, la deuxième ville du pays au patrimoine culturel réputé. Sur le trajet, quelques premières observations : faucon kobez, busard des roseaux et martinet alpin.
Le 04 août, long trajet vers la mer noire avec des cigognes blanches, un aigle botté clair et des oiseaux qui ne nous quitteront plus : rolliers, huppes et guêpiers d’Europe ainsi que la pie-grièche écorcheur. Nous arrivons à la villa sans encombres. Elle est située dans un petit village, à quelques kilomètres de Balchik.
Il fait toujours beau. Un hobereau passe en vol.
Nous mangeons le soir dans un restaurant à Balchik. Mouettes mélanocéphales et pygmées, de même que des sternes pierregarins volent dans le port.

Pie-grièche écorcheur
2.2. Balchik, Kaliakra et lac Shabla (05 et 06/08/2007)
Première matinale. Je pars seul au Cap de Kaliakra (20 km au nord de Balchik). Un must. Je commence par le cap proprement dit, avec sa spécialité : les traquets pies. Ils sont au rendez-vous, près du petit restaurant. Des cormorans huppés se tiennent près des filets de pêche.
Je vais ensuite vers une petite plage, en bas du cap (suivre la route à gauche, 1 KM avant d’arriver au cap). Cela commence fort : 4 hérons pourprés s’envolent. Une marouette poussin juvénile s’active dans une mare minuscule. Huppes et martin-pêcheur sont présents. C’est sûr, je reviendrai.
De la villa, nous verrons l’aigle pomarin et botté. La cigogne est sur son nid, au centre du village.

Marouette poussin
Le 06 août, je pars, de tôt matin, au Lac de Shabla. Endroit notamment réputé pour sa « vasière à limicoles ». Elle mérite son nom : bécasseaux falcinelle, de temminck, variable de même que chevaliers stagnatile, aboyeur, sylvain et gambette sont des espèces présentes ! Un phalarope à bec étroit nage en tournoyant. Plusieurs barges à queue noire, en compagnie d’échasses et d’avocettes se reposent. Les passereaux ne sont pas en reste : pies-grièches à poitrine rose, remiz penduline, panures à moustaches, loriots animent les alentours du lac ! Un busard des roseaux survole la roselière. Encore un très bel endroit !
Reste de la journée tranquille. Un hypolaïs des oliviers dans le verger en face de la maison.
Fin d’après-midi, nous retournons à Kaliakra sous un temps couvert et orageux. Nous voyons globalement les mêmes espèces que la veille, avec en plus 3 cormorans pygmées. Etonnant, un labbe parasite passe à proximité du cap. Nous mangeons au restaurant et rentrons sous les éclairs. Impressionnant.
2.3. Varna et Albena (07 et 08 août 2007)
Temps lourd et couvert en ce 07 août. Nous visitons le matin le monastère troglodyte Aladja. Nous allons ensuite à Varna où la pluie nous attend. Observation d’un pic syriaque devant le musée archéologique. Nous rentrons sous de véritables trombes d’eau. Les enfants commencent à me regarder, genre … t’avais pas promis un temps beau et chaud ? Je suis un peu mal là ….
Le lendemain matin, visite en solitaire des environs d’Albena. Il fait splendide. Ouf ! Je commence par Albena même, grand complexe touristique au centre duquel se trouve une réserve forestière (Baltava). Un bon spot pour le gobe-mouche à demi collier mais ils partent déjà à la mi-juillet. J’y verrai le loriot et les pics épeichettes et syriaques. Je quitte rapidement les lieux car la cité balnéaire s’éveille…
Je vais alors le long de la côte, dans un endroit très bien décrit par Dave Gosney (attention, la route mentionnée n’est plus accessible en voiture, il faut se garer sur la route Albena Balchik, devant les blocs en béton). C’est encore un endroit à ne pas rater : hypolaïs des oliviers, fauvette épervière et rossignol progné. J’identifierai ce dernier sur base d’une photo ! Un chacal furète dans la colline qui surplombe la mer.

Rossignol progné
2.4. Nessebar, Burgas et Balchik (09 et 10 août 2007)
Grande expédition aujourd’hui. Nous partons visiter Nessebar (splendide cité byzantine) et voir les pélicans au lac de Burgas. Sur le trajet un aigle impérial. Au-dessus de Varna, Bénédicte repère un très probable faucon sacre (je ne peux arrêter la voiture et surtout pas relâcher mon attention !). Dommage. Nous voyons un immense carrousel de cigognes blanches.
Nous arrivons au lac de Burgas ou, via Neophron, nous avons réservé l’affût aux pélicans, réputé comme le meilleur d’Europe. Nous y allons avec une embarcation précaire, conduite par notre guide, aux allures de Mr Bean ! Les enfants adorent. Outre d’importants vols de pélicans, nous voyons des bihoreaux, blongios, hérons pourprés, crabiers, les deux aigrettes, sternes pierregarins et guifettes noires ! La proximité depuis l’affût est incroyable. Seul hic, mon Nikon D 70 (remplaçant temporaire de mon D 200, voir nos aventures irlandaises) rend l’âme en cours d’après-midi. Je vais devoir retomber sur mon vieux coolpix 8800, avec télé convertisseur. Nous rentrons en début de soirée.

Le lendemain, journée très tranquille à la villa. Il fait toujours superbe. Ne rien faire, en compagnie de Nancy Huston, Tawni O'dell, Jean-Paul Dubois ou Richard Russo est également très agréable!
2.5. Durankulak, Obros, Albena et Kaliakra (11 au 14/08/2007)
Le 11 août, départ en solo vers le lac de Durankulak, le spot pour une star locale : la rousserolle isabelle ! L’endroit est à 10 kilomètres de la Roumanie. On ne s’y embête pas. Le loriot est partout. Après une belle observation de rousserolles turdoïdes, également omniprésentes, je tombe sur mes premières rousserolles isabelles: posture bien droite, sourcil pâle, petite taille, bec court. Aucun doute. L’endroit renseigné par Gosney est le meilleur. Un faucon kobez et des cormorans pygmées passent en vol. De la voiture, observation furtive d' un torcol fourmilier. Malgré mes belles observations, l’endroit me plait un peu moins et, en raison de la distance de la villa (plus de 40 KM sur des routes bulgares...), je n’y retournerai plus.
Le lendemain, j’explore la forêt d’Obros où, avais-je lu, se trouvent des pics à dos blanc. Il est malheureusement très difficile de la pénétrer (quasiment pas de chemins).
J’arrive dans un verger en bord de forêt, visiblement une halte migratoire pour les passereaux : alouettes lulus, centaine de gobe-mouches gris et, alors que je n’y croyais plus, un gobe-mouche à demi collier. Il semble que, s’ils ont déjà quitté les lieux de nidification, ils n’ont pas encore tous quitté le pays. C’est ici que je verrai une de mes seules pie-grièches à tête rousse du séjour.
Je retourne le 13 août à Albena, uniquement sur la route le long de la mer. J’y fais les mêmes observations que lors de mon passage précédent. A cela s’ajoute l’hypolaïs pâle. Une bondrée passe en vol.
L’après-midi, nous allons voir le cavalier de Madara, lieu à très haute valeur symbolique pour les Bulgares. C’est un endroit magnifique. 2 percnoptères passent en vol. Sur le trajet retour, nous voyons 1 faucon kobez. Bénédicte verra encore un hypolaïs pâle dans le jardin.
Le 14 août, je retourne à Kaliakra. J’adore vraiment cet endroit. Cette fois-ci, j’ajoute quelques espèces non négligeables : faucon sacre (yes !), bergeronnette citrine (1 juvénile parmi les bergeronnettes grises), traquet isabelle, hypolaïs des oliviers, fauvette babillarde, blongios nain. La marouette poussin et les traquets pies sont toujours présents.
En journée, un faucon kobez passe au-dessus de la maison.

traquet pie
2.6. Shabla, Balchik, Kaliakra, forêt d’Obros (15 au 17/08/2007)
Nous attaquons nos derniers jours au bord de la Mer Noire. Plutôt que de rechercher de nouveaux endroits, je décide de réexplorer ceux que j’ai le plus appréciés.
Je commence par le lac Shabla, visité tout au début du séjour. Je le fais en deux temps (voir D. Gosney). Je commence par la roselière du lac proprement dit. Nombre impressionnant et varié de passereaux : les trois espèces de rousserolles (turdoïde, isabelle et effarvatte), traquets oreillard et isabelle, pipit rousseline, pic syriaque, hypolaïs pâle, locustelle luscinoïde, phragmite des joncs, … Un épervier à pieds courts juvénile passe en vol. Un crabier chevelu un peu bucolique se laisse approcher.
Je poursuis avec la vasière à limicoles, qui reste fidèle à sa réputation : bécasseaux falcinelles, variables, de Temminck et minutes sont présents. A cela s’ajoutent des chevaliers stagnatiles, sylvains, combattants, aboyeurs, gambettes, cublancs et guignettes. Le phalarope est encore présent. Petits gravelots et barges à queue noire complètent le tableau. Belle observation de fuligules nyrocas et de sarcelles d’été.

Fuligule nyroca
De la villa, nous verrons encore un épervier à pieds courts (décidément, c’est le jour !) et un kobez. Egalement un carrousel de plus de 1000 cigognes !
Le 16 août, je ne résiste pas. Retour à Kaliakra. Colin m’accompagne. Cela reste giga. Retenons, en plus des espèces déjà citées, un grand-duc sur une falaise, un torcol sur un fil et une tortue qui traverse le chemin ! Je pourrais également ajouter un martin-pêcheur très peu farouche, le blongios, la fauvette épervière, le traquet oreillard, … mais j’arrête là car la liste pourrait devenir fastidieuse !
17 août, dernier jour avant le départ vers les Rhodopes. Je me contente d’une balade dans la forêt d’Obros. Je vois un épervier à pieds courts posé très loin et, à nouveau, un gobe-mouche à demi collier. J’ajoute à ma liste le bruant ortolan. Pour le reste, journée consacrée au farniente. Les cris de la chevêche nous accompagnent pour notre dernière soirée. Un peu de nostalgie m’envahit. On était vraiment bien.
2.7. Les Rhodopes (du 18 au 20/08/2007)
Grand départ. Nous avons quelques heures de route avant de rejoindre les Rhodopes orientales, à la limite de la Grèce et la Turquie où notre contact nous attend. Objectif : vautours, chacals et qui sait ( ?) le loup. Sur le trajet, nous nous arrêtons de l’autre côté du lac de Burgas où nous voyons nos seuls pélicans frisés du séjour. Entre Burgas et les Rhodopes, un aigle pomarin passe juste au-dessus de la voiture.

Aigle pomarin
Nous arrivons au « visitor centre » piloté par Neophron (village de Madzarovo). Nous prenons un rafraîchissement avant d’aller rejoindre la personne qui nous indiquera l’affût où nous passerons la nuit. Sur ce court trajet, très belle observation de cigognes noires.
Nous arrivons sur place et partons vers le refuge. Notre accompagnateur place une charogne, avant de nous laisser. Cela dégage un certain parfum… Très rapidement les percnoptères arrivent et se disputent les carcasses aux chacals, renards et grands corbeaux, par le fumet également attirés ! C’est vraiment génial. On s’installe pour la nuit, espérant un passage du loup mais ce dernier ne viendra point … où alors ne nous réveillera pas ! Ne nous plaignons pas, le spectacle est géant.

Après une nuit passée à essayer de stabiliser mon hamac, je regarde le jour se lever et les premiers vautours arriver. Moment magique ! Cela va encore durer quelques heures… C’est sûr maintenant, c’est pour des instants pareils que je pratique un tel hobby… et que je continuerai à le faire.
Bon, retour à la réalité, le soleil se lève, la chaleur monte, l’odeur devient difficilement soutenable… Nous sortons de l’affût. Nous verrons encore la buse féroce, le faucon kobez, les traquets oreillards et isabelles.

Percnoptère d’Égypte (photo
sélectionnée au concours Aves 2007)


Nous partons alors vers les Rhodopes occidentales, un trajet assez long nous faisant longer toute la chaîne de montagnes. Nous arrivons à Devin dans la soirée. On se croirait en Suisse … ou du moins l’Helvétie devait ressembler à cela il y a 200 ans !!! Le B&B est très sympa. L’accueil aussi. Notre guide ne parle pas anglais – heureusement sa fille fera office d’interprète.
Le lendemain (20 août), nous partons de bon matin explorer la forêt avec notre guide. Notre guide, par l’intermédiaire de sa fille, nous laisse déjà comprendre que voir l’ours sera très difficile. Ce ne sera comme en Roumanie ! Nous entamons une promenade très longue dans des endroits sans aucune trace humaine. C’est fantastique. Nous verrons quelques chevreuils, ainsi que le chamois local (ce dernier est très rouge, quasiment orange !).
Un pic à dos blanc se laisse bien observer ! Là, je suis ravi : j’ai vu tous les pics européens. Nous poursuivons notre marche. Curieux, notre guide imprime un faux rythme, laissant l’impression qu’il va lentement. En réalité, il va très vite ! Les enfants doivent s’accrocher pour suivre. Notre guide nous montre ici et là des traces d'ours (un poil sur un arbre!) et de loups (excréments). Tout à un coup, un grand bruit d’ailes sur notre gauche: un grand tétras femelle s’envole avec fracas ! Quelle joie ! Nous recherchons cet oiseau depuis si longtemps (Écosse, Suède, France, Roumanie, …). Les esprits grincheux diront sans doute que ce n’est pas un mâle mais quand on recherche un oiseau depuis si longtemps, on ne fait pas la fine bouche !
Après cela, nous pouvons rentrer. Au programme, petite sieste, souper très tôt, avant d’aller à l’affût pour les ours. Disons le tout de suite, ceci sera la seule vraie déception du voyage : nous sommes à 6 dans un affût minuscule, inconfortable et surchauffé. Nous ne verrons rien (si ce n’est un grand corbeau). J’ai un peu l’impression que le responsable de Neophron m’a trop vanté les mérites de cet endroit. Bon, comme le prix la location de l’affût va à la protection de la faune en Bulgarie, je ne vais pas commencer à râler ! Nous rentrons dans le noir, en essayant de suivre notre guide. Heureusement les enfants ont leur GSM pour faire lampe de poche.
2.8. Back to Belgium (21/08/2007)
Nous partons dans la matinée pour Sofia, notre avion partant dans l’après-midi. Plus rien à signaler si ce ne sont des cigognes noires près d’un barrage. Voyage sans encombres. A Bruxelles, le temps est malheureusement moins clément…
La Bulgarie permet de combiner aisément un voyage familial avec des objectifs nature. Le tout pour un coût relativement raisonnable, surtout sur place.
Je pense que, le tourisme se développant, la situation pourrait évoluer. Pour les personnes intéressées par ce type de destination, il ne faut sans doute pas traîner…
Nous en gardons en tout cas tous un magnifique souvenir et nous tenons à disposition de toute personne intéressée : naturasson@naturasson.be .
Nicolas Rasson